230.000 euros perdus - pour l'intérêt général d'Egletons ?

Même les auto-proclamés « bons gestionnaires » font parfois mauvaise route

12/20/20253 min temps de lecture

Dans La Montagne, édition du 20 décembre 2025, le quotidien offre au maire sortant, Charles FERRÉ, l’occasion d’énoncer ses grandes satisfactions, parmi lesquelles :

«Le redressement des finances de la commune, le nerf de la guerre qui permet d’engager de nouveaux projets ...». Mais de quel redressement parle-ton ?

S’il est vrai que les comptes de la commune se sont stabilisés, rappelons que c’est d’abord la Chambre Régionale des comptes qui s’est saisie du sujet, en 2014, comme l’expliquait La Montagne le 29 septembre 2014 :

« Le conseil municipal d'Egletons, qui doit se réunir ce soir à 18 h 30, fera l'effet d'une douche froide pour nombre de contribuables locaux. Il y sera lu le rapport de la Chambre régionale des comptes portant sur les finances de la commune. La chambre y parle "d'erreurs successives" et d'"insincérités" du budget. Elle relève un déficit de clôture du compte administratif 2013 à 1,5 M€. La chambre réclame des mesures immédiates pour le rétablissement du budget. » Gardons bien à l’esprit que le maire sortant était adjoint en 2014 et qu’à ce titre, il était co-responsable de la situation budgétaire très dégradée de la commune. Le rétablissement de comptes acceptables à Égletons résulte ainsi d’abord d’une intervention salutaire de la juridiction financière, dont la feuille de route a été suivie par la majorité sortante.

De là à être devenus de bons gestionnaires financiers, n’exagérons rien.

Prenons 3 exemples :

- la fameuse route chauffante, dite Power-road, symbole des dépenses inutiles. En 2023-2024, le chauffage de ces 100 mètres de route a encore coûté 4 373 euros d’argent public (1 euro par égletonnais). Dites-nous où est la vanne, nous la tournerons et économiserons ainsi 26 000 euros sur le prochain mandat !

- les subventions non consommées : quel est le lien entre un pont routier à Marzeix (petit hameau de la commune), des jeux pour enfants au Lac du Deiro et le tennis couvert en cours de construction ? Réponse : le transfert des subventions départementales prévues pour les premiers au profit du dernier. En effet, le 6 novembre 2025, la majorité a adopté une modification du contrat de solidarité signé entre la Commune et le Département de façon à financer le tennis couvert avec l’argent que le Département avait prévu d’investir pour réparer un pont routier et pour financer une aire de jeu au lac. Que les habitants des villages se rassurent, quand leur pont se sera écroulé, ils pourront toujours aller se changer les idées à la faveur d’une petite partie de tennis au sec.

- Enfin, dernier exemple : celui des frais de justice engagés par la communauté de communes dans l’affaire de l’expropriation de Tra le Bos. Le 29 septembre 2025, le président de la communauté de communes (également maire d’Égletons, le cumul des mandats n’a pas que du bon…), révèle enfin le coût qu’aura représenté la scabreuse tentative d’expropriation de terrains agricoles et d’une maison, au profit d’une unique entreprise, dans le prolongement de la zone industrielle Tra le Bos. Verdict : 233 000 euros ! Plusieurs centaines de milliers d’euros dépensés, donc, principalement en frais de justice, en pure perte ! Pas un emploi de créé ; pas un seul investissement utile pour les habitants.

Un coup de poker manqué, en résumé.

Mesdames et messieurs de la Majorité : la bonne gestion des fonds publics commence par le respect des procédures et des lois.